Le Collectif
des sens

à propos


Le collectif des sens, compagnie professionnelle de théâtre contemporain du Pays d'Aix, s’enracine artistiquement dans les cultures allemandes et belges et vagabonde depuis 2005 dans le Sud provençal. Le lien étroit qu’entretient l’artiste avec les réalités qui l’entourent y est central : garder ses sens ouverts, rendre accessible ce que le monde dit, affirme et crache, nous est éthique et but. Ainsi nos créations invitent artistes et spectateurs à questionner leur regard habituel, à déconstruire les visions conventionnelles du monde pour réfléchir ensemble à d’autres. En lien étroit avec la ville d'Aix en Provence avec laquelle nous entretenons un partenariat depuis plus de 10 ans, avec Marseille Métropole, l'Education Nationale, la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, l'Université de Nice Sophia Antipolis et la DRAC Paca, nous proposons de nombreux projets ambitieux mêlant arts plastiques, recherches sonores, créations vidéos et propositions chorégraphiques. 



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des sens

formations


Nos formations s'adressent aux acteurs, aux metteurs en scène, aux universitaires et en général à tout professionnels du spectacle vivant.

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des sens

ateliers


Le collectif des sens est un groupe de travail «sens ouverts», se gérant de façon collégiale et s’intéressant aux formes contemporaines d’un théâtre au plus proche des histoires que raconte la vie.

Notre démarche scénique est avant tout ludique et sensible, expérimentée dans les créations professionnelles et adaptée depuis plusieurs années aux ateliers proposés à différents publics:

des personnes en situation de handicap mental (notamment avec l'Hôpital psychiatrique Montperrin depuis plus de 10 ans - projet DRAC et ARS : Culture et Santé),

aux bénéficiaires du PLIE (Projet financé par Marseille Métropole) et aux résidents des structures Habitât et Humanisme (fondation du Crédit Agricole),

aux élèves de l'académie Aix-Marseille aux travers de deux projets distincts : "Lettre à soi, l'être à l'autre" et "poète qui es-tu?" (Projets du rectorat Aix-Marseille soutenus par La fondation du crédit mutuel, la DRAC Paca, le département du Vaucluse, la ville d'Aix en Provence...)


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créations


Le collectif des sens collecte ces connexions sensitives et sensibles. Avec une spécialisation affirmée dans les formes documentaires et une toute nouvelle dans les formes dansées, le collectif des sens explore à travers ses créations, les esthétiques et écrits d’un théâtre à la hauteur du réel contemporain.


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écrits


La vérité en creux

article de Kathrin-Julie Zenker - l’autoréflexivité esthétique au sein du spectacle documentaire Jan Karski (mon nom est un fiction) - publié au PUR - Presse Universitaire de Rennes - 2017

Un art documentaire

· «La vérité en creux, l’autoréflexivité esthétique au sein du spectacle documentaire Jan Karski (mon nom est une fiction)», in A. Caillet et F. Pouillaude (dir.), Un art documentaire, enjeux esthétiques, politiques et éthiques, actes du colloque international de l’Université Paris 1 – Sorbonne juin 2015, Rennes, PUR, 2017.

Résumé:

Ce que nous appelons un dispositif dramaturgique correspond à une construction littéraire ou scénique constituée de différents éléments indépendants mais œuvrant de concert. Un dispositif documentaire propose à travers plusieurs approches fragmentaires du réel, une vue complexe, voire dialectique, sur les évènements difficiles à saisir et dont la cohérence est inexistante ou a été perdue depuis longtemps. Selon tous ces critères, le roman Jan Karski (2009) de l’auteur français Yannick Haenel, ainsi que son adaptation scénique Jan Karski (mon nom est une fiction) par le metteur en scène Arthur Nauzyciel en 2011 peuvent être considérés comme dispositifs artistiques documentaires. Sous-titré «roman», le livre de Haenel se présente comme une exploration de différentes variations formelles autour d’un même sujet, il teste en quelque sorte l’ingéniosité de l’art dans la saisie du réel. À travers une fictionnalisation progressive du matériau documentaire, dans laquelle la «story» vient compléter l’«history » (P. Ricœur), le récit de l’auteur construit un jeu de perspectives autour d’une éventuelle vérité historique; ce qu’il avance garde la légèreté d’une hypothèse.

La notion d’autoréflexivité renvoie ici à ce que le philosophe allemand Théodore W. Adorno désigne au sein de La Dialectique négative (1966), comme un travail sur les éléments «non-identiques» du réel. Sans succomber à la sacralisation des évènements dans une idée d’irreprésentabilité, Adorno pense le problème de l’art de façon dialectique: l’art se doit d’exprimer à travers sa forme le problème même de l’irreprésentabilité, l’impossibilité d’une approche unifiant des phénomènes du réel. Ainsi, si la visée du philosophe ne correspond nullement à la création d’œuvres dénuées d’images et/ou de figuration, elle défend celles qui, semblable à Jan Karski (mon nom est une fiction), réfléchissent à travers leur esthétique à des sens possibles. Au sein des œuvres autoréflexives, la vérité est une affaire d’interstices, elle subsiste comme un résidu, un sédiment dégagé par le travail esthétique. De telle manière, l’art ne peut pas «dire» la vérité, il la fait provisoirement «apparaître», comme le formule Adorno. L’art autoréflexif crée un potentiel de vérité, une vérité en creux, extraite à travers les différentes formalisations esthétiques du réel.